dimanche 3 mai 2026

Fusible

Je suis fatiguée.

Fatiguée de croire, d'espérer, et de me tromper tout le temps. Fatiguée d'être déçue sans arrêt. Fatiguée de ramasser mes morceaux sur le carreau en permanence, et de recommencer en me disant que cette fois-ci ce sera différent. Ca n'est jamais différent. Ca n'est jamais pareil non plus, c'est pour ça que je me fais avoir à chaque fois, mais au final ça n'est pas non plus différent.

Je suis fatiguée d'être un jouet, d'être manipulée, utilisée, probablement moquée, peut-être pas. Peut-être ces gens sont-ils de bonne foi, convaincus d'agir selon leurs principes, en respectant leur ligne, en essayant de bien agir. Peut-être, sans doute, ne me veulent-ils aucun mal au fond. 

Peut-être suis-je une idéaliste qui espère une relation qui ne peut exister. Une relation où chacun aurait sa véritable place, où le poids de dizaines d'années de conditionnement agressif et général s'envolerait magiquement pour révéler des gens habitable, fréquentable sans danger, et constants. Dit comme ça, ca parait stupide d'espérer une telle chose. Ca l'est, évidemment. C'est aussi surement stupide de croire que je suis moi-même exempte de défaut. Et que beaucoup pourraient se plaire à mes côtés sans jamais rien trouver à redire. Et c'est juste de la paresse, parce qu'au fond, si j'espère ces relations, j'ai conscience qu'elles n'existent pas, mais j'ai la volonté de les chercher dans des gens qui ont en eux les graines de ce jardin et qui pourraient devenir ces relations s'ils en avaient envie. Où on pourrait grandir ensemble et devenir meilleurs l'un pour l'autre.

Mais là où je suis fatiguée, c'est dans le manque de volonté d'essayer malgré tout. Malgré les difficultés, malgré les cailloux dans le sable. Le manque d'effort. C'est tout aussi paradoxal de ma part, je rêve de rencontrer quelqu'un qui me conviendrait parfaitement, et bien sûr que je cherche un partenaire qui s'en rapprocherait au mieux, mais on vit je crois dans un monde où il y a tant de possibilités, tant de gens disponibles, qu'on cherche toujours mieux ailleurs. Et je fais les frais de ce picorage permanent. 

Là où je veux essayer, on me dit que ça ne fonctionne pas, qu'il n'y a pas l'étincelle magique, que ça ne vaut pas le coup. On me pousse gentiment vers la sortie quand j'aimerais qu'on me laisse une chance d'essayer. On prend rarement le temps de faire ça proprement, humainement, sans lâcheté. Mais en tout cas on ne veut pas m'essayer. On ne veut pas faire cet effort d'adaptation nécessaire pour voir si on peut former une équipe.

Et je suis fatiguée d'être déçue par mes pairs. De ne pas recevoir les efforts que je suis prête à mettre. De n'être au final qu'un fusible qu'on remplacera quand il aura grillé, ou qu'on s'en sera lassé.

Je suis amère aujourd'hui, tout ça aussi passera.

lundi 9 mars 2026

Patience

Je crois que j'ai avancé dans mon rapport à l'attachement. J'ai toujours eu un attachement anxieux, et parfois un peu évitant aussi. Ca veut dire que j'ai peur d'être abandonnée, mais aussi j'ai peur d'être enfermée tout à la fois. Ca ne facilite pas les choses avec les gens que je rencontre, et je travaille là dessus depuis un bon moment maintenant. Je pense que je le vis beaucoup mieux qu'il y a un certain temps, et que je gère bien mieux ces peurs, que je suis moins angoissée et moins évitante. 

Il y a parfois des rencontres qu'on fait, qui nous challengent. Des gens qui croisent notre route, et même si tout n'est pas parfait, on sait. On sait qu'ils sont de ces rencontres qui comptent.

C'est inexplicable, irrationnel, et ça n'est pas l'explosion de papillons dans mon ventre. Bien au contraire, c'est le calme. Il me calme. A ses cotés je me sens forte, capable. Mais vulnérable aussi, et protégée, et libre, c'est un mélange très agréable de sensations qui me font du bien. Et tout ça fait peur aussi, et envie, et c'est assez déroutant. Mais je crois que c'est la marque des relations sécures, des relations qui comptent vraiment et vous changent la vie.

Lui a aussi son chemin à faire, rien n'est simple et je ne veux pas le brusquer. Alors je prends mon temps. Je veux le découvrir, je veux tracer les contours de sa personnalité qui m'intrigue et me plait, je veux le connaître, et continuer à être curieuse de lui. J'aimerais continuer longtemps. Je serai patiente avec lui, parce que son histoire n'est pas facile et qu'il a des choses à détricoter de son côté. 

Je serai patiente parce qu'il en vaut la peine. Parce que cette histoire, qui est toute douce et lente et qui prends son temps pour grandir, en vaut la peine. Du moins c'est ce que je pense.

J'ai peur que sa peine soit trop grande pour me faire de la place, j'ai peur qu'il m'abandonne. Mais cette peur ne gagne pas contre mon envie d'être avec lui. C'est là que je sais que j'ai grandi et avancé. Et surtout je ne met pas ma vie dans cette peur, ni dans cette relation. Je me remet au centre de ma vie, j'aimerais juste qu'il en fasse aussi partie. Seul le temps me le dira. Et même si ça devait ne pas durer, ça aura quand même valu la peine d'être vécu. 

dimanche 15 février 2026

Cicatrices et digressions

En me penchant davantage sur le deuil et ses mécanismes, j'ai appris plusieurs choses. Déjà que faire un deuil n'est pas une façon de se débarrasser du souvenir de ce qu'on a perdu. Ni même de la douleur. Faire son deuil, c'est apprendre à vivre avec, pas sans. Ce qu'on a vécu, ce qu'on a projeté, ce dont on doit faire le deuil existera toujours, a existé. C'est gravé dans nos mémoires, dans la roche de notre histoire, on ne peut pas l'effacer comme une bande magnétique sur laquelle on repasse, ça ne fonctionne pas comme ça. C'est une cicatrice qui ne s'effacera jamais. Et le but n'est pas de trouver le moyen de faire disparaître la cicatrice, mais d'apprendre à accepter que cette cicatrice est là, qu'elle sera toujours là, et qu'on vivra avec pour le restant de nos jours. 

Tout le monde en a, des cicatrices. Ce n'est pas forcément la mort d'un être cher, ça peut être juste une porte qui se referme, un rêve qui s'effondre, une relation qui se désagrège, un corps qui ne fonctionnera plus jamais comme avant, un avenir qui n'aura pas lieu. Mais l'important n'est pas d'arriver à faire comme si ces douleurs n'existaient pas et continuer, l'important est de prendre ces douleurs, de les intégrer à notre nouveau soi, de se modeler tout autour comme un arbre qui pousse autour d'un objet accroché dessus. On l'intègre, lentement, avec son propre rythme. On cicatrise. Et même si ce rythme peut paraître long pour ceux qui observent le processus de l'extérieur, il est nécessaire et il est incompressible.

L'acceptation, l'étape dite finale du deuil, n'est pas la fin. Ce dont on fait le deuil ne disparaitra jamais. Et tout le but de ce processus et de l'intégrer à notre nouvelle normalité. De se reconstruire autour de cette nouvelle normalité et de continuer avec cette nouvelle cicatrice.

Je crois que ce projet de film me fait du bien dans ce processus. Je cesse de me battre contre ma douleur, je cesse de vouloir forcer et de vouloir retrouver ce qui était mes anciens standards. Il y a de nombreuses chose que je pleure. De nombreuses choses que je tenais pour dues, acquises, que je pensais être essentielles pour mon bien être. J'apprend à changer de point de vue et à reformer une nouvelle vie qui sera la continuité de la précédente, mais qui sera différente. J'ai déjà fait ça par le passé, on fait ça constamment. C'est juste que parfois la marche est plus haute, la cicatrice plus importante, et qu'on le remarque davantage. Mais s'ajuster est un processus naturel. Je pense qu'essayer d'aller contre est ce qui freine la cicatrisation.

Je pense aussi que chaque chapitres de nos vie ne se referment pas quand un autre s'ouvre. Tous les chapitres restent ouverts à jamais, on continue juste à écrire la même histoire, la nôtre, pas un nouveau livre à chaque changement de vie. Et c'est probablement important de le comprendre. Je le comprends désormais un peu mieux, ça fait sens pour moi.

Mes erreurs, mes réussites, mes douleurs, mes joies, tout ça fait partie de mon histoire. Rien n'a été vécu en vain, rien n'a été gâché, même les plus petites choses, même les déceptions, même ce qu'on prends pour des erreurs de parcours. Les rencontres, les disputes, les pertes, les chances prises, celles laissées sur le côté, rien n'est en vain. Et aucune décision n'est une mauvaise décision. C'est une décision. Un choix de chemin, qu'on ne peut pas rebrousser. On peut toujours reprendre un autre chemin plus tard, et on ne reviendra pas au carrefour d'origine, mais chaque pas que l'on fait écrit notre histoire. Nous fait apprendre. Nous fait grandir, changer, cicatriser.

Avoir commencé à comprendre tout ça, essayer de l'intégrer dans mon esprit et dans ma façon de voir les choses, ça a également modifié le cours de ma vie. Chaque chose, chaque toute petite chose, a un impact. Mais on ne peut pas optimiser ces impacts. On ne peut pas savoir ce qui découlera de nos choix. Parfois, ce qui de l'extérieur semble complètement fou, irréaliste, déraisonnable, peut mener à une bonne situation. Parfois ce qui semble le choix le plus sécurisé mène à des désastres. Mais la seule chose qu'on peut faire c'est vivre et avancer. On avance constamment, même quand on se croit immobile, parce que le temps avance pour nous, et qu'on ne peut rien contre ça. On est sur un tapis roulant, on ne peut pas en descendre. Même si on arrête de marcher, même si on s'allonge sur le sol, le tapis continue sa lente course en avant.

La vie est un long fleuve, disait le titre du film. Tranquille ou pas, ça c'est selon. Mais plutôt que de passer tout son temps à essayer de nager contre le courant, je pense que le mieux est encore de se laisser porter tranquillement, de donner quelques coups de rame quand c'est nécessaire et de voir où le courant nous mène, ce que la vie nous propose comme choix.

Là je digresse, je pense tout haut, j'ai des décisions à prendre ces prochains mois. Elles semblent déraisonnables mais en mon for intérieur je sais que c'est ce que je veux faire. Et on verra bien où ce chemin me mènera, un autre chemin me mènerait ailleurs, ce sont deux chemins totalement identiques pour ce que j'en sais aujourd'hui. Tout le reste n'est que statistiques et probabilités. 

Et j'ai jamais vraiment aimé les statistiques et les probabilités. 

mercredi 4 février 2026

Passage

J'écris beaucoup en ce moment. Pas ici, j'écris un scenario de court métrage. Ou peut-être que ce sera une série de courts-métrages. Ou peut-être que ça ne sera rien du tout, mais en cas j'écris. J'écris et j'efface, je n'avance pas. Ou plutôt si, j'avance, mais seulement dans ma tête. Je réalise des choses. Je réalise que le deuil que je pensais faire à propos de mon ancien meilleur ami, n'est pas le seul deuil que j'ai à faire, et que c'est pour cette raison que tout ce que j'ai écris pour ce film jusqu'à présent sonne creux et pas assez complet. Le deuil que je fais en ce moment, c'est le deuil de ma vie d'avant. De la vie que je pensais vivre maintenant. De la vie que je pensais vivre plus tard. Le deuil de qui j'étais, suis et serai. Rien ne se passe comme prévu, et c'est moi qui ai choisi ce virage dans ma vie. C'est moi qui ai voulu ce changement de trajectoire, tout ça pour me retrouver perdue dans les bois quand j'avais une autoroute devant moi.

Mais peut-être que justement cette autoroute ne me rendait pas heureuse, que j'avais besoin d'explorer des chemins dans les bois, même si c'est plus difficile que prévu, même si j'ai découvert plusieurs handicaps que je ne soupçonnais pas et qui me rendent cette marche encore plus compliquée, et paf, encore un deuil de plus à faire, celle de ma vie de valide. Peut-être que j'avais besoin de me confronter au monde, au vrai monde, et à sa dureté. Même si ça me fait mal, même si j'envie les gens autour de moi qui ont des vies si remplies et si stables et si pleines. J'aurais pu avoir encore cette vie si je l'avais voulu. Je ne l'ai pas voulu. Ca n'aurait pas été juste, et je n'avais pas le droit de profiter d'une stabilité qui ne m'était pas due.

Je suis partie. J'ai laissé la tranquilité et le confort et la monotonie. J'ai choisi de vivre. Et j'ai découvert, comme une sotte et naïve que je suis, que ça n'est pas facile. Que les choses qui allaient de soi quand on était deux et que j'avais du soutien, ne vont plus du tout comme je le voudrais maintenant que je dois tout gérer toute seule. J'ai honte parfois de ce manque de débrouillardise et de clairvoyance. On me dit forte, on me dit courageuse, moi je vois une petite fille qui a voulu jouer à la grande et qui ne sait pas s'y prendre correctement. Je vois quelqu'un qui se prend les pieds dans le tapis de la vie et qui aimerait un peu de répit. Mais je ne peux pas l'avoir, parce que je suis toute seule maintenant, et que je l'ai choisi.

Je mène tous ces deuils en même temps. Ca n'a rien de simple, ça n'a rien d'agréable. Mais c'est nécessaire. Un jour peut-être je pourrai stabiliser à nouveau cette vie et regarder en arrière cette période en me disant qu'elle était dure mais qu'elle valait la peine d'être vécue. 

J'ai toujours pensé qu'on ne vivait rien par hasard, que tout ce qu'on vit nous mène précisément là on doit être, vers ce qu'on doit vivre. C'est probablement juste une pensée magique pour me rassurer, mais j'aime l'idée que quand on traverse quelque chose de dur ce n'est qu'un chemin vers autre chose de mieux. C'est réconfortant de se dire qu'après l'hiver vient le printemps.

Pour l'instant j'écris. J'efface, je recommence, mais j'avance quand même. J'avance dans ma réflexion, je défriche les chemins qui ne mènent nulle part, les idées qui ne sont pas intéressantes et celles qui font leur chemin, à travers ce que je regarde, ce que je lis, ce qui me nourrit. Tout ceci ressortira d'une façon ou d'une autre. Mon projet grandit, comme une graine qui puise dans le sol la force de sortir et de développer des feuilles. Cette force je la puise en moi aussi. Je veux devenir mon propre pilier quand tous mes autres piliers se sont effondrés. C'est un projet ambitieux mais j'aime cette idée. 

Le temps doit encore faire son oeuvre.

samedi 27 décembre 2025

Baudruche

Quelle ironie qu'est la vie. Elle vous donne à croire que ça ira mieux. Que certaines choses peuvent être belles, qu'elles peuvent durer, qu'elles peuvent être vraies. Et moi, naïve, stupide petite fille avec mon stupide coeur dans les mains, je tombe dans le panneau tout le temps. Et je m'éclate au sol, je pleure sur ces idéaux envolés, ces espoirs dégonflés. 

Stupide ! 

Je ramasse les morceaux de moi. Et puis j'y crois à nouveau, avec un nouvel être, comme si ça n'allait pas arriver encore. Comme si cette vie n'allait pas être une continuité interminable de déceptions et de brisages de coeur. Encore et encore et encore. Toujours la face dans la boue. Toujours le coeur en morceaux. 

Stupide ! 

Je n'apprendrai donc jamais.

mercredi 24 décembre 2025

Printemps à Noël

Il est des rencontres que l'on fait et qui vous renversent comme un labrador fou qui vous saute dessus. On se prend ces personnes en pleine face, sans prévenir, sans trop savoir quoi faire de cet afflux soudain.

Cette rencontre me bouleverse, renverse mes priorités, me fait voir l'avenir sous un tout autre prisme. Je respire à nouveau, je vois de la lumière à nouveau, j'ai l'impression de sortir de mon cocon, doucement. 

C'est une sensation à la fois rassurante, chaleureuse, confortable et sereine, mais aussi effrayante, mais d'une bonne façon. Enthousiasmante. Comme des retrouvailles après une longue séparation. Des retrouvailles avec un inconnu qui ne me semble pas si inconnu. Un inconnu qui me manque alors même que je ne l'ai encore jamais tenu dans mes bras.

Je ne comprends pas ce qui se passe, mais mon corps, lui, a compris. Il s'éveille, s'étire, se déploie et s'étend. Je revis. 

dimanche 30 novembre 2025

Le fil

Il est parfois des nouveaux départs dans la vie qui arrivent quand on ne les attendait pas, on n'est pas si préparé, on ne sait pas comment y réagir. 

Une nouvelle porte s'est ouverte pour moi. Une nouvelle chance. Je ne sais pas quoi en faire, je la regarde dans mes mains sans bien comprendre, comme si je m'étais habituée à ne plus ressentir le bien et que je ne savais plus l'apprécier.

Elle ne m'effraie pas cette nouvelle aventure, mais elle ne me remplit pas autant de joie que ce que j'espérais. Je crois que je suis toujours épuisée et que j'avais encore besoin de me reposer avant de reprendre la route. Mais ce n'est pas possible alors il faut bien faire avec, se lever et marcher.

Je suis presque déçue de ne pas être plus enthousiaste. Je l'ai été auprès de mes amis, je leur ai dit ma joie, je l'ai presque ressentie. Parfois je la ressens. Mais pas tout le temps. C'est sans doute normal. Je ne sais plus, j'ai l'impression d'avoir oublié ce que ça fait.

Je me sens comme une plante sèche depuis trop longtemps qu'on essaie d'arroser pour la faire repartir. J'ai l'impression que ca ne servira à rien, mais aussi je sens qu'il reste un tout petit fil, rien qu'un petit fil, qui me relie encore à la vie. Il y a peut-être une chance de me sauver finalement. Je vais tâcher de m'y accrocher.

mercredi 24 septembre 2025

Ceinture de sécurité

 Je trouve plus facile de me blesser moi que de faire du mal à quelqu'un.


Si je dois choisir entre me blesser moi, dans mes sentiments, dans mon intégrité, dans mon respect, ou bien prendre le risque de blesser quelqu'un d'autre, c'est toujours moi que je vais choisir. Parce que je ne me ferai pas subir de conséquences pour m'être fait souffrir, je ne vais pas m'abandonner, ou m'infliger encore plus de souffrance à cause de ce que je me suis infligé à moi même. Je ne vais pas m'en vouloir, je ne vais pas me venger de moi-même. J'ai trop vécu ces réactions, elles ne font qu'ajouter de la blessure sur la blessure, en plus de la culpabilité que je vais ressentir.


Alors je trouverai toujours plus raisonnable et sécurisé de me faire mal à moi plutôt que de faire du mal à quelqu'un d'autre. Et ça certaines personnes le sentent, et l'utilisent contre moi. 


Je ne suis pas responsable de leur choix de me faire mal. Je suis leur victime parfois, quand je ne fais pas assez attention. Et cette inattention n'est que le résultat d'une confiance que j'ai choisi de leur accorder, et je ne me sentirai jamais coupable de ça. C'est un cadeau que je fais. En aucun cas une faiblesse ou une erreur. Ce que je peux choisir c'est de ne pas les blesser en retour moi aussi, et ça ne fait pas de moi une personne faible. Ca ne fait pas de moi une personne supérieure non plus. Je suis juste au clair avec ce que je veux infliger, et à qui je fais du mal. Et des fois, souvent, c'est à moi que je fais du mal. Mais quand on a subi tout ça, qu'on s'est pris tout ça, on ne souhaite à personne de le vivre. Pas même ceux qui vous ont fait souffrir par le passé. En faisant tout ça, je me préserve en contrôlant le mal qui m'est infligé.


samedi 20 septembre 2025

Droite

J'ai toujours eu du mal à poser mes limites. Mon psy et moi on travaille là dessus, et j'essaie au maximum de poser comme je peux les limites qui me sont propres auprès des gens que je fréquente.


Mais récemment j'ai mis une limite aux limites que je dois poser. Celles qui relèvent du respect humain de base n'en font désormais plus partie.


J'estime que je n'ai pas à dire à quelqu'un d'avoir le comportement minimum acceptable envers moi. Le genre de limites franchies qui concernent tout le monde, qui n'ont simplement pas à être verbalisées. Parce que si la personne estime qu'elle peut franchir ces limites de décence de base avec moi, lui rappeler de ne pas le faire ne sert à rien. Cette personne sait pertinemment que ce sont des choses qui ne sont pas respectueuses. Et elle s'est permis de le faire quand même.


On ne passe pas nos journées à dire aux gens de ne pas nous tuer, ou de ne pas nous jeter leurs déchets sur la tête, ce genre de choses fait partie des conventions sociales communes de bienséance. De la façon de se comporter en société.


Déranger quelqu'un pendant qu'il dort, lui prendre sa nourriture sans lui demander, ou détériorer ses affaires, ce ne sont pas des limites qui nécessitent d'être posées. On sait tous que c'est pas ok de le faire. Et si on est d'accord pour laisser l'autre les franchir, c'est là que ça nécessite d'être verbalisé.


Désormais je ne fais plus cet effort, qui me demande beaucoup parce que comme je l'ai dit, j'ai déjà du mal à en poser, des limites, et maintenant je laisse les gens prendre leurs responsabilités. Je ne suis pas là pour faire leur éducation. S'ils choisissent de me manquer de respect, j'en tirerai les conclusions et agirai en conséquence. Mais je n'ai pas à devoir me battre, ni dépenser trop d'énergie pour ce qui fait partie du pack minimum. Le libre arbitre est aussi dans la façon dont on choisit de se comporter avec les autres. Si on me traite mal, et que c'est répété et délibéré, alors je prends mes distances, voilà tout. 


Mon temps et mon attention ne sont pas en libre service, et je les distribuerai désormais à qui me traite décemment.

Une flamme dans le noir

 J'aimerais que quelqu'un m'aime comme moi j'aime les gens.


Ca ne me paraît pas impossible, puisque j'existe. 


J'aime puissamment. De tout mon être. Je me retiens parfois, souvent, mais c'est douloureux. Je le fais par peur, parce que je vois bien que cette quantité d'amour que je peux donner effraie, qu'on ne sait pas la recevoir. Qu'on ne sait pas me la rendre. Et moi je ne comprend pas. Parce que quand j'aime quelqu'un je lui souhaite tout le bien que je peux lui apporter. Je lui souhaite tout le bien qu'il peut aller trouver. Je me donne, entièrement, j'aimerais pouvoir le faire sans retenue, sans barrage, sans peur. Pouvoir dire les mots qui me brûlent la gorge, pouvoir être aussi intense que je le souhaiterais.


Mais ce feu fait peur, il fait fuir, et on me dit que ça signifie que ces gens n'étaient pas destinés à recevoir cet amour, mais je n'ai pas rencontré de gens qui supporteraient cette chaleur sans trembler. Et pourtant je ne veux pas les brûler, je ne veux que les rendre heureux. Leur donner ce que j'aimerais recevoir en retour. Il semble qu'on aime ainsi, de la manière dont on aimerait être aimé.


J'aimerais être aimée intensément. Passionnément. Sans retenue. Et sans barreaux. On ne peut pas emprisonner ce qu'on aime sans le détruire.


Mais comme il semble que je suis toujours trop, j'ai en même temps le sentiment de n'être jamais assez. Et la solitude de mes soirs me pèse parfois. 


J'aimerais juste comprendre ce que je fais de travers.

mercredi 9 juillet 2025

Palette

Je lis parfois sur les réseaux des phrases du genre "ne tombe pas amoureuse d'un potentiel", "trouve-toi quelqu'un qui est parfait pour toi", mais je ne suis pas d'accord.

Déjà parce que personne ne sera jamais parfait, et que c'est poser une énorme charge sur les épaules de quelqu'un qu'on vient juste de rencontrer et dont on ne sait quasiment rien. Ca ouvre forcément les portes à de la déception si on espère ça de quelqu'un.

Ensuite, je pense qu'une relation est avant tout faite d'échange. On apporte à l'autre autant qu'il nous apporte. On s'apprend, on se change, on évolue, on se transforme qu'on le veuille ou non. La vie nous fait évoluer, personne ne reste toujours le même. Et rencontrer des gens c'est aussi se confronter à d'autres façons de penser, d'autres visions du monde, c'est apprendre, s'améliorer à leur contact. Espérer rencontrer quelqu'un qui n'aurait rien à apprendre de nous et qui ne nous ferait pas penser autrement ? A quoi bon ? 

Tous les gens que j'ai croisé dans ma vie m'ont fait évoluer, les plus importants ont laissé des traces indélébiles, mais toutes ces marques m'ont modifiée, en surface ou en profondeur. Ils m'ont appris à être plus ouverte, plus à l'écoute, plus respectueuse. Ils m'ont appris à mieux me protéger aussi. Et j'espère leur avoir appris aussi des choses. Ca ne concerne pas que les relations amoureuses d'ailleurs, mais toutes les rencontres, même les plus éphémères, qui peuvent modifier le cours de notre vie à jamais. C'est pour moi le vrai sens du mot "relation". C'est un échange, un partage, une curiosité à l'autre, une perméabilité à son être. Ca fait parfois peur, j'ai parfois craint de me perdre, de trop me fondre dans les tonalités de l'autre. C'est souvent là qu'on évolue le plus, quand on quitte ces relations et qu'on regarde en arrière pour découvrir qu'on était toujours là, sous les couches de peinture, jamais disparu.

Oui, je veux tomber amoureuse d'un potentiel. Parce que rencontrer quelqu'un qui n'a pas envie d'évoluer, qui serait imperméable à mes idées, et ne voudrait pas partager les siennes, ca ne m'intéresse pas. Je veux mélanger nos couleurs, pas faire deux lignes parallèles bien propres. Je veux qu'une relation me change, je veux en ressortir transmutée. Je veux partager qui je suis et ce que j'ai appris. 

Et grandir ensemble.