Je suis fatiguée.
Fatiguée de croire, d'espérer, et de me tromper tout le temps. Fatiguée d'être déçue sans arrêt. Fatiguée de ramasser mes morceaux sur le carreau en permanence, et de recommencer en me disant que cette fois-ci ce sera différent. Ca n'est jamais différent. Ca n'est jamais pareil non plus, c'est pour ça que je me fais avoir à chaque fois, mais au final ça n'est pas non plus différent.
Je suis fatiguée d'être un jouet, d'être manipulée, utilisée, probablement moquée, peut-être pas. Peut-être ces gens sont-ils de bonne foi, convaincus d'agir selon leurs principes, en respectant leur ligne, en essayant de bien agir. Peut-être, sans doute, ne me veulent-ils aucun mal au fond.
Peut-être suis-je une idéaliste qui espère une relation qui ne peut exister. Une relation où chacun aurait sa véritable place, où le poids de dizaines d'années de conditionnement agressif et général s'envolerait magiquement pour révéler des gens habitable, fréquentable sans danger, et constants. Dit comme ça, ca parait stupide d'espérer une telle chose. Ca l'est, évidemment. C'est aussi surement stupide de croire que je suis moi-même exempte de défaut. Et que beaucoup pourraient se plaire à mes côtés sans jamais rien trouver à redire. Et c'est juste de la paresse, parce qu'au fond, si j'espère ces relations, j'ai conscience qu'elles n'existent pas, mais j'ai la volonté de les chercher dans des gens qui ont en eux les graines de ce jardin et qui pourraient devenir ces relations s'ils en avaient envie. Où on pourrait grandir ensemble et devenir meilleurs l'un pour l'autre.
Mais là où je suis fatiguée, c'est dans le manque de volonté d'essayer malgré tout. Malgré les difficultés, malgré les cailloux dans le sable. Le manque d'effort. C'est tout aussi paradoxal de ma part, je rêve de rencontrer quelqu'un qui me conviendrait parfaitement, et bien sûr que je cherche un partenaire qui s'en rapprocherait au mieux, mais on vit je crois dans un monde où il y a tant de possibilités, tant de gens disponibles, qu'on cherche toujours mieux ailleurs. Et je fais les frais de ce picorage permanent.
Là où je veux essayer, on me dit que ça ne fonctionne pas, qu'il n'y a pas l'étincelle magique, que ça ne vaut pas le coup. On me pousse gentiment vers la sortie quand j'aimerais qu'on me laisse une chance d'essayer. On prend rarement le temps de faire ça proprement, humainement, sans lâcheté. Mais en tout cas on ne veut pas m'essayer. On ne veut pas faire cet effort d'adaptation nécessaire pour voir si on peut former une équipe.
Et je suis fatiguée d'être déçue par mes pairs. De ne pas recevoir les efforts que je suis prête à mettre. De n'être au final qu'un fusible qu'on remplacera quand il aura grillé, ou qu'on s'en sera lassé.
Je suis amère aujourd'hui, tout ça aussi passera.
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