mercredi 22 mai 2024

Nostalmertume

J'ai pensé à toi ce soir. 


Difficile de faire autrement, puisque la personne avec j'ai passé la soirée te connait si bien et m'a demandé comment j'allais. J'ai forcément parlé de toi et elle a forcément parlé de toi elle aussi.


J'ai découvert qu'elle te connait si bien et si peu, j'ai compris que tu as gardé ta partie sombre cachée aux yeux de tous. Ce n'est pas moi que tu as mis de côté, c'est le monde entier. 


Ce n'est pas de ta faute, tu as été élevé comme ça, tu as appris à taire qui tu es, ce que tu ressens, dans la douleur. Ces leçons-là s'apprennent dans la douleur, et elles restent marquées à jamais dans la chair. 


Peut-être que tu ne t'en sortiras jamais. Peut-être que me faire sortir de ta vie était un appel au secours ? Ou une bouée pour ne pas sombrer ?


Je ne sais pas. 


Tu es toujours fermé, et même quand je tends doucement une main tu ne la saisis pas. Tu as sans doute peur que je morde la tienne, et je ne peux pas t'en blâmer. Je n'ai pas été douce avec toi depuis que tu m'as quittée.


Je suis navrée pour toi, pour nous, pour moi. 


Ça n'aurait pas dû se terminer comme ça.

mardi 21 mai 2024

Sensualitas corporis et autres plaisirs simples

J'ai besoin d'écrire aujourd'hui. J'ai envie de beau, de vent sur mon visage qui me fait fermer les yeux de plaisir, d'un mot de toi, que je connais encore si peu, d'un mot de lui, que j'aimerais mieux connaître, de l'odeur de la sève de pin, du goût de la glace au cassis sur ses lèvres.


J'ai besoin de me sentir en vie, désirée, attendue. J'ai besoin de ressentir mon corps et ce qu'il a à offrir, à m'offrir à moi comme sensations, et ce que je peux rendre, par mes gestes, par ma peau, par ma bouche, par mes mots, mes sourires, l'évocation d'un souvenir heureux, ou juste un peu de poésie. Ou de l'amour.


Me reconnecter à ce qui me fait tenir debout, replanter mes racines arrachées. Hier je goutais ta peau, et je me perdais dans ton regard bleu perçant. L'alchimie était palpable, et en d'autres circonstances nous aurions peut-être pu imaginer devenir un nous un jour. Peut-être, qui sait ? Mon corps encore dans le ressenti, je sens encore tes mains sur moi et ton odeur, ta façon de me dévorer du regard et de m'embrasser avec fougue, ton sourire, le son de ta voix, le bruit doux de ta respiration quand tu dors. Tu m'as raconté ton histoire, tu m'as dit que tu te sentais bien avec moi. C'était une parenthèse, mais cette parenthèse m'a fait du bien. J'espère qu'elle se rouvrira un jour. J'espère faire partie de ton histoire, par petite touches, de temps en temps, autant que possible. C'était un moment hors du temps et je t'en suis reconnaissante.


En attendant je ne sais quoi, je me reconstruis. J'ai besoin de créer. J'ai besoin de respirer. D'exprimer. Aujourd'hui je couche des sensations sur ma page, demain j'en ferai peut-être quelque chose de beau. 


La vie est faite de plaisirs sensuels. Les saisir au passage est ce qui donne toute la beauté de la chose. Cela me rend vivante à nouveau.


Rupture

(c'est déconstruit, chaque partie a été écrite à des moments différents, mais j'ai voulu les rassembler en un seul texte, comme des morceaux de lettre déchirée qu'on rassemble pour les scotcher ensemble)


 "Ça va toi ?

-oui ça va"

Je n'ai jamais autant menti qu'avec ces trois mots. Mais je souris en les prononçant. Mon corps se souvient des gestes à effectuer, il donne bien le change. Comme ces pantins de bois qui bougent si bien qu'on pourrait vraiment croire qu'il sont vivants.



Mon pantin à moi, dedans il y avait un coeur tout gelé. Tu l'as pris dans tes bras, tu l'as réchauffé, tu as patiemment construit un joli jardin pour qu'il se sente bien et en sécurité. Tout doucement tu as enlevé mes pièces d'armure. Tu as pris ton temps. Tu voulais faire ça bien. Tu as dit que tu m'aimais.


Alors moi, dans mon corps en bois avec mon cœur de glace, je t'ai cru. J'ai baissé ma garde et je me suis lancée sans peur à tes côtés. J'ai fait des projets, j'ai osé rêver d'un futur. C'était beau et sécurisant. Je n'avais jamais connu un si beau jardin. Et dimanche, sans prévenir, parce que tu vas mal, tu as décidé de mettre le feu à mon jardin et de tout détruire. Tu as dit que je ne suis plus aussi distrayante. Je ne t'amuse plus. Hop, au feu le pantin.


Le pantin en a vu d'autres. Il va continuer à bouger et à sourire. Il va rencontrer d'autres gens. Sa coque est noircie mais elle résiste, par contre à l'intérieur tout est détruit. Il n'y a rien à sauver, tout est en cendre. Moi je vais partir. Je laisse le pantin sur la scène, regardez sa danse, jouez avec, prenez en soin. Parce que qui sait, peut-être qu'un jour, mon coeur gelé à la main, je reviendrai l'habiter. 



J'ai détricoté le bonnet que je t'avais fait. 

"Tu es beau avec un bonnet"

C'est ce que je t'aurais dit en te l'offrant.


J'avais besoin de dire tout ça pour guérir. Pour soigner mon pantin de bois, gratter la couche de cendre et voir qu'en dessous le bois est encore intact. Oui l'intérieur est en cendres, mais sur la cendre la végétation peut repousser. Plus forte, ou pas, mais en tout cas différente. J'avais aussi besoin de temps. Je me le suis accordé. J'ai compris que je ne maîtrise pas tes réactions, que tout ça n'est pas de ma faute. Que je ne suis responsable que de ma colère et que je peux l'éteindre aussi. Que si tu ne m'aimes plus c'est ainsi. Que si tu ne me présentes pas d'excuses, c'est ainsi. 

Le soleil se lève tous les jours.