mercredi 13 novembre 2024

Lumière

J'écris quand je ne vais pas bien. Généralement ça me permet de mettre mes idées au clair, de prendre un peu de recul, de faire quelque chose de concret avec ce qui me tourne dans la tête. 

J'aimerais avoir assez de constance pour tenir un journal mais je ne suis pas très douée pour les routines, et il est très probable que je ne remplirais que quelques pages avant d'oublier et de laisser tomber à jamais. Et je n'aime pas gâcher les carnets.

J'en ai un qui serait parfait pourtant, rose à paillettes (j'adore les paillettes). J'aurais aussi pas mal de choses à raconter. Depuis que je suis sortie de ma cage dorée pour affronter le monde j'en ai vécu des aventures ! Je les vis toujours. J'espère continuer pendant encore très longtemps.

Peut-être que je remplirai mon carnet rose à paillettes. Peut-être que j'y raconterai mes aventures pour la postérité (et j'espère la stupéfaction de mes descendants s'ils tombaient un jour dessus). 

J'ai envie d'écrire aussi quand je vais bien. Que ma main n'écrive pas que mes pensées les plus noires, mes douleurs et mes doutes,  mais aussi mes espoirs et mes douceurs, et quand je vais tout simplement bien. 

Ce blog est le reflet de mes heures les plus sombres. Peut être qu'un peu de lumière serait la bienvenue ici aussi.

samedi 2 novembre 2024

Hérisson

Oh qu'elle fait mal cette petite voix. Comme elle pique à l'intérieur, comme elle ronge les organes autour. Elle apparaît, logée là dans ma poitrine, hérissée de pointes comme un hérisson en rage, et elle frappe sans relâche.


"Je ne suis pas assez".


Je n'ai jamais été assez. Pour personne. J'étais celle qu'on fréquente en attendant mieux. Une vie à attendre mieux. À ne pas bien me traiter parce qu'après tout je ne suis pas la bonne alors pourquoi se fatiguer. C'est moi qui suis partie finalement. Je n'étais pas la bonne effectivement.


Et cette petite phrase, qui résonne, qui pique, qui me tire vers le bas, vers la noirceur des profondeurs, je l'ai toujours entendue. Je ne veux pas l'écouter mais elle me hurle dans les oreilles, elle s'infiltre dans les brèches de mon coeur et coule dans ma cage thoracique, noire, gluante comme du goudron. Elle infecte tout, elle enrobe mes pensées. 


Je ne voudrais pas l'écouter mais elle est dans ma tête aussi. Elle me répète que je n'ai jamais été assez. Que quoi que je fasse je ne serai jamais assez. Que je suis trop difficile à aimer. Que je peux toujours mettre tout mon être dans la balance ça ne suffit jamais. C'est une douleur qu'on ne peut imaginer.


Je ne comprends tout simplement pas. Mon coeur ne fonctionne pas comme ça. Il rencontre des gens, s'y attache tout doucement, petit à petit, et à force de recevoir des signes que cette personne est bonne pour moi il s'enracine. Je n'ai pas besoin que la personne me donne davantage, à part du respect et qu'elle montre l'envie de m'avoir à ses côtés. Je n'aime pas pour ce que je reçois en échange. Et quand on me rejette j'aime quand même, parce que ce que j'aime c'est la personne, qui elle est et pas ce qu'elle m'apporte. Je ne cesse pas d'aimer parce qu'on m'a rejetée parce que la personne ne cesse pas d'être elle-même et que je continue à aimer même après qu'on m'ait blessée.


Cela résonne au delà de mes relations amoureuses. Et ça explique pourquoi certains départs sont difficiles à vivre pour moi et pourquoi certains chapitres restent ouverts longtemps après qu'ils n'auraient dû. Bien trop longtemps. Certains deuils ne peuvent se faire tant que mon coeur ne se résoudra pas à arracher les racines qu'il a développé. Et c'est un processus tellement difficile, tellement douloureux. Je suis sur ce chemin, sans vouloir l'être, j'essaie d'apprendre que je suis assez pour moi, et que je peux désaimer quand on me fait du mal.


Le hérisson est toujours là, je me demande si je dois aller le caresser, comme dans la chanson. Il serait peut être plus doux après ça.