mercredi 24 septembre 2025

Ceinture de sécurité

 Je trouve plus facile de me blesser moi que de faire du mal à quelqu'un.


Si je dois choisir entre me blesser moi, dans mes sentiments, dans mon intégrité, dans mon respect, ou bien prendre le risque de blesser quelqu'un d'autre, c'est toujours moi que je vais choisir. Parce que je ne me ferai pas subir de conséquences pour m'être fait souffrir, je ne vais pas m'abandonner, ou m'infliger encore plus de souffrance à cause de ce que je me suis infligé à moi même. Je ne vais pas m'en vouloir, je ne vais pas me venger de moi-même. J'ai trop vécu ces réactions, elles ne font qu'ajouter de la blessure sur la blessure, en plus de la culpabilité que je vais ressentir.


Alors je trouverai toujours plus raisonnable et sécurisé de me faire mal à moi plutôt que de faire du mal à quelqu'un d'autre. Et ça certaines personnes le sentent, et l'utilisent contre moi. 


Je ne suis pas responsable de leur choix de me faire mal. Je suis leur victime parfois, quand je ne fais pas assez attention. Et cette inattention n'est que le résultat d'une confiance que j'ai choisi de leur accorder, et je ne me sentirai jamais coupable de ça. C'est un cadeau que je fais. En aucun cas une faiblesse ou une erreur. Ce que je peux choisir c'est de ne pas les blesser en retour moi aussi, et ça ne fait pas de moi une personne faible. Ca ne fait pas de moi une personne supérieure non plus. Je suis juste au clair avec ce que je veux infliger, et à qui je fais du mal. Et des fois, souvent, c'est à moi que je fais du mal. Mais quand on a subi tout ça, qu'on s'est pris tout ça, on ne souhaite à personne de le vivre. Pas même ceux qui vous ont fait souffrir par le passé. En faisant tout ça, je me préserve en contrôlant le mal qui m'est infligé.


samedi 20 septembre 2025

Droite

J'ai toujours eu du mal à poser mes limites. Mon psy et moi on travaille là dessus, et j'essaie au maximum de poser comme je peux les limites qui me sont propres auprès des gens que je fréquente.


Mais récemment j'ai mis une limite aux limites que je dois poser. Celles qui relèvent du respect humain de base n'en font désormais plus partie.


J'estime que je n'ai pas à dire à quelqu'un d'avoir le comportement minimum acceptable envers moi. Le genre de limites franchies qui concernent tout le monde, qui n'ont simplement pas à être verbalisées. Parce que si la personne estime qu'elle peut franchir ces limites de décence de base avec moi, lui rappeler de ne pas le faire ne sert à rien. Cette personne sait pertinemment que ce sont des choses qui ne sont pas respectueuses. Et elle s'est permis de le faire quand même.


On ne passe pas nos journées à dire aux gens de ne pas nous tuer, ou de ne pas nous jeter leurs déchets sur la tête, ce genre de choses fait partie des conventions sociales communes de bienséance. De la façon de se comporter en société.


Déranger quelqu'un pendant qu'il dort, lui prendre sa nourriture sans lui demander, ou détériorer ses affaires, ce ne sont pas des limites qui nécessitent d'être posées. On sait tous que c'est pas ok de le faire. Et si on est d'accord pour laisser l'autre les franchir, c'est là que ça nécessite d'être verbalisé.


Désormais je ne fais plus cet effort, qui me demande beaucoup parce que comme je l'ai dit, j'ai déjà du mal à en poser, des limites, et maintenant je laisse les gens prendre leurs responsabilités. Je ne suis pas là pour faire leur éducation. S'ils choisissent de me manquer de respect, j'en tirerai les conclusions et agirai en conséquence. Mais je n'ai pas à devoir me battre, ni dépenser trop d'énergie pour ce qui fait partie du pack minimum. Le libre arbitre est aussi dans la façon dont on choisit de se comporter avec les autres. Si on me traite mal, et que c'est répété et délibéré, alors je prends mes distances, voilà tout. 


Mon temps et mon attention ne sont pas en libre service, et je les distribuerai désormais à qui me traite décemment.

Une flamme dans le noir

 J'aimerais que quelqu'un m'aime comme moi j'aime les gens.


Ca ne me paraît pas impossible, puisque j'existe. 


J'aime puissamment. De tout mon être. Je me retiens parfois, souvent, mais c'est douloureux. Je le fais par peur, parce que je vois bien que cette quantité d'amour que je peux donner effraie, qu'on ne sait pas la recevoir. Qu'on ne sait pas me la rendre. Et moi je ne comprend pas. Parce que quand j'aime quelqu'un je lui souhaite tout le bien que je peux lui apporter. Je lui souhaite tout le bien qu'il peut aller trouver. Je me donne, entièrement, j'aimerais pouvoir le faire sans retenue, sans barrage, sans peur. Pouvoir dire les mots qui me brûlent la gorge, pouvoir être aussi intense que je le souhaiterais.


Mais ce feu fait peur, il fait fuir, et on me dit que ça signifie que ces gens n'étaient pas destinés à recevoir cet amour, mais je n'ai pas rencontré de gens qui supporteraient cette chaleur sans trembler. Et pourtant je ne veux pas les brûler, je ne veux que les rendre heureux. Leur donner ce que j'aimerais recevoir en retour. Il semble qu'on aime ainsi, de la manière dont on aimerait être aimé.


J'aimerais être aimée intensément. Passionnément. Sans retenue. Et sans barreaux. On ne peut pas emprisonner ce qu'on aime sans le détruire.


Mais comme il semble que je suis toujours trop, j'ai en même temps le sentiment de n'être jamais assez. Et la solitude de mes soirs me pèse parfois. 


J'aimerais juste comprendre ce que je fais de travers.