vendredi 31 janvier 2025

Crève-coeur

Il est de ces relations qui semblent impossibles au final. Elles sont belles, enrichissantes, enthousiasmantes. Elles vous donnent de la force et du réconfort. Mais aussi parfois il y a un blocage, et ça fait que cette relation ne peut pas continuer comme elle est. Probablement pas en tout cas.


Mais ce genre de décision prend du temps, nécessite de réfléchir. De poser les choses avant de s'emballer. Il est très probable que cette relation devra changer. Mais changer pour le mieux, pour qu'elle puisse continuer sans heurts et sans se détester. Pouvoir garder le lien et en prendre soin, même si on l'appelle autrement et qu'on met moins d'affect dedans.


Parfois on aime trop pour pouvoir aimer bien. Parfois on aime trop différemment pour pouvoir aimer bien. Et parfois on ne sait juste pas comment se parler.


Prendre soin de sa relation c'est parfois aussi devoir la changer. Même si c'est douloureux et qu'on a du mal à s'y résoudre, mais c'est pour le mieux.

vendredi 17 janvier 2025

Chrysalide

En ce moment je fais un travail sur le deuil. Ces dernières années ont été assez chargées, non pas en pertes humaines, mais en deuil de relations, d'amitiés, de vie personnelle.

J'ai toujours eu du mal à me détacher de mes souvenirs. Probablement parce que j'ai passé de longues années en dépression où justement mes souvenirs étaient très intangibles et que je ne parvenais pas à les fixer solidement dans ma mémoire. J'essayais de photographier tout pour en conserver au moins une trace, une trace sûre, une trace précise dont on ne peut pas douter. Les choses étaient comme ça ce jour-là, les gens étaient comme ça ce jour-là. Ca m'a aidé à fixer des souvenirs, des jours précis dans mon esprit.

Alors devoir oublier volontairement des passages de mon passé, ou simplement tourner une page, ça a toujours été compliqué et d'une certaine façon ressenti comme contre productif.

Ces dernières années j'ai quitté ma vie, bouleversé tout ce que je connaissais pour tout recommencer à zéro. J'ai fui parce que c'était étouffant. Parce que je n'avais plus vraiment de vie et que j'avais besoin de me sentir vivante à nouveau. Palpitante comme un coeur, que je sentais de moins en moins vaillant. Après être passée très près de la mort, j'ai eu ce sursaut de vie, cette envie de ne pas gaspiller ce temps qu'on m'avait laissé. Cette chance supplémentaire de ressentir les choses. Mais j'ai dû aussi faire le deuil de cette sécurité ennuyeuse mais rassurante.

J'ai aussi été quittée ensuite. Brutalement. Et j'ai dû faire le deuil de cette relation et de la sécurité que je croyais certaine. J'ai appris, mais les leçons que j'ai débord apprises, j'ai dû les désapprendre, parce que mon premier réflexe a été de craindre de souffrir encore et de m'enfermer dans une armure et des murailles. Aujourd'hui j'essaie, lentement, de faire à nouveau confiance. J'avance à pas de loups, tel un animal blessé à qui on tend une main sécurisante, et qui a peur d'être à nouveau trahi. Mais j'avance quand même parce que je ne veux pas vivre dans cette peur de la souffrance, et que je sais désormais qu'elle fait partie de l'expérience de vie. Ne pas craindre la douleur, et se jeter à corps perdu, c'est un rêve que je touche du doigt. La peur est encore là mais je la fais taire et j'ose. Et j'aime ce que je deviens à force d'oser.

Il faut aussi que je m'occupe du deuil le plus important. Le deuil d'une amitié plus longue que toutes les relations que j'ai pu avoir, plus profonde que les liens du sang. Plus destructrice aussi par la façon dont elle s'est finie. Ce deuil-là, je dois l'attaquer par plusieurs fronts. Intellectuellement, dans mon corps, et aussi en prenant ce matériau pour en faire quelque chose de beau. Quelque chose qui me correspond, qui va me raconter et exposer qui je suis, ce que je suis devenue au travers de ça. Et c'est en faisant tout ça que je serai non pas à nouveau moi-même, mais une nouvelle moi-même.

Comme les alchimistes, je veux transcender cette mort et me transformer en quelque chose de meilleur. Ou en tout cas en quelque chose de différent. Changer cette douleur en un objet plus beau et pouvoir enfin l'affronter sans en avoir peur, et sans craindre qu'elle me blesse à nouveau. Ce sera long et je serai accompagnée durant tout ce chemin. Et je crois que c'est là que réside la clé de ce processus : m'appuyer sur ceux qui me soutiennent, mon entourage si bienveillant et si doux avec moi, que j'aime tant et qui me le rend, et guérir. Au moins refermer la plaie, et pouvoir passer à autre chose. 

C'est un long chemin, qui a de nombreuses boucles, mais le voyage en vaut la peine et c'est lui le plus important au final. C'est lui que j'ai envie de raconter.

Tout ira bien à la fin.

Le cœur et le chat

J'ai ce système de croyance que j'ai inventé.

Je ne suis pas une personne très religieuse, mais j'aime l'idée d'une force supérieure qui gère ma vie, comme un joueur de sims qui contrôle les évènements qui m'arrivent. Ca me rassure de me dire que je ne suis pas la seule en charge de tout ce bordel je crois, et qu'il y a quelqu'un quelque part qui sait vaguement ce qu'il fait. Seulement cette entité, que j'appelle l'Univers par manque d'imagination, est farceuse. Et légèrement sadique. Je n'y crois pas VRAIMENT, mais j'aime jouer avec l'idée qu'il existe. C'est un jeu mental rassurant. N'est-ce pas la base de toute religion après tout ?

J'aime imaginer que cet Univers me donne des impulsions, me dirige dans certaines directions, que je suis ou pas au final, je ne sais pas vraiment quel est mon niveau de libre arbitre dans ce jeu. Et j'ignore s'il est bien intentionné à mon égard. Assez souvent je ne comprends pas ce qu'il essaie de faire, pour me rendre compte plus tard que si je n'étais pas passée par ces épreuves je n'aurais pas rencontré telle ou telle personne, fait telle ou telle chose, et ma vie serait alors tout à fait différente. C'est ce qui s'est passé l'an dernier. J'aime bien l'idée que tout ce que je traverse, en bien ou en mal, mène quelque part en fin de compte.

Trouver un peu de sens dans tout ce chaos.

Dernièrement j'ai rencontré quelqu'un. J'en ai parlé il y a peu ici, une rencontre inattendue, une personne que j'ai d'abord juste trouvé très attirante, et je pensais que ça n'irait pas plus loin qu'un jeu de séduction avec un bel homme. J'avais juste envie de l'avoir entre mes cuisses, et probablement que ça s'arrêterait là. Je n'avais pas la tête à ça, ni de place pour une nouvelle relation dans ma vie. On a parlé, beaucoup, on s'est découverts, on a passé du temps ensemble, et quelque chose s'est passé. J'ai réalisé que j'avais envie de le revoir, qu'il me faisait me sentir bien et en sécurité, qu'il avait une grande intelligence émotionnelle et relationnelle, et qu'une étincelle naissait. 

On a continué à se parler, hélas à distance, c'est là que l'Univers m'a joué un vilain petit tour, mais uniquement pour se découvrir toujours plus de points communs, d'intérêts partagés et de coïncidences folles. On s'est plu. Beaucoup. On s'est lentement attaché. 

Et dernièrement j'ai passé quelques jours chez lui, un îlot de douceur après des fêtes assez désagréables. J'avais envie de profiter de ces moments, de le découvrir encore, de voir si la première sensation n'était qu'une jolie brume ou s'il y avait vraiment quelque chose. Et je crois bien qu'il y a vraiment quelque chose. Une chose à développer, une chose naissante, mais qui est bien là et qui s'enracine. Un bien être, une sécurité, une protection que je n'avais pas ressenti depuis longtemps. Un endroit sûr où déposer les armes et être soi-même sans crainte. Une légèreté, l'impression d'être avec un ami de longue date. Une sensation de calme et de cosy dont j'avais absurdement besoin à ce moment-là. J'ai pu me montrer sous des jours assez peu sexy, malgré moi (merci l'Univers) mais j'ai vu que son regard n'avait pas changé, et qu'il était toujours attaché à moi. Peut-être même que ça nous a encore plus rapprochés. En tout cas je me suis sentie bien.

Quand on s'est vus la première fois, ce qui m'a fait basculer de "c'est une rencontre sympa sans lendemain" à "j'aimerais le revoir", ce n'est pas tant son physique, certes très agréable, mais c'est lui. Qui il est, que j'ai encore davantage envie de découvrir, et comment il me fait me sentir en sa présence, quand il me fait sourire, quand il m'embrasse, quand on prend soin l'un de l'autre. Sa voix, son regard, ses bras autour de moi, son petit sourire en coin. Je suis toujours émerveillée de ce petit hasard, quand on rencontre des gens avec qui on vibre à l'unisson, quand il y a ce match des énergies, qu'on se comprend facilement, que tout est fluide et agréable. Bien sûr ce sont les débuts, tout est beau et rose et pailleté et j'attend de voir la suite.

Mais j'ai vraiment envie de le revoir.